11/02/2005

Mortèbre prend moi dans ton linceuil

Qu'entends je? Qu'un bon réçit ne peut exister que lorsque la fin y pend achevée au bout de la langue? Voulez vous du diable connaître l'histoire? Désirez vous entendre ce que même sur une tombe je confesserais? Soit... Alors des rideaux macabres laissez moi dévoiler le dernier acte.

Lora rentra dans sa chambre et sur son lit rit et rit jusqu'a ce que la pièce soit couverte par sa voix et ses larmes. Je restais dans les ombres et la regardais. J'étais perdu dans ses courbes, dans sa peau blanche comme le lait et dans sa toison qui semblait vivre d'elle même. Je la regardais et me touchais un instant pour sentir ma vie et me rassurer, je n'étais pas face à un spectre... J'étais vivant et celle que je cherissais aussi...

Les jours qui suivirent, Lora se montra douce avec sa mère et presque sociale avec moi. Elle semblait vivre enfin et ne plus se contenter d'exister. Parfois par la fenêtre elle regardait, je croisais alors dans ses yeux la démence qui me gangrène maintenant. Elle embrassait la vitre et caressait l'empreinte de ses lèvres avant de repartir à quelque tâches. Ce manège s'éternisa doucement et je me maurigenais presque d'avoir cru cette créature capable de meurtres.

Qu'aurais je mieux fait de me taire et de me saouler ce jour là, qu'il ne fallut pas un jour pour que tout change... Que ne vaut il pas mieux maintenant que j'oublie plutôt que de raconter.

Ce soir là la demeure était quiétude et même les voix de quelques ancètres venu pleurer là ne pouvaient troubler ce qui était. Saül n'avait pas émis le désir de revenir ce mois là et cela confortait la mère dans ses choix. Lora n'avait rien émi comme contestation et semblait même se résigner à m'offrir son coeur qu'elle avait donné à Saül. Le père quant à lui s'était enfermé dans sa chambre depuis quelques jours déjà et les plateaux repas étaient son seul lien avec la maisonnée. Ce soir là Cordélia embrassa sa fille sur la joue et s'en alla vers ses appartements.

Elle monta gravement les escaliers et se figea sur la quatrième marche. Elle hoqueta un instant puis toussa plus violemment jusqu'a ce que le sang ne commence à couler de sa bouche. Je me précipitais vers elle et elle s'effondra dans mes jeunes bras. Elle eu un dernier soursaut et s'éteignit noyée dans son propre sang, les yeux révulsés.

Je me tournais vers Lora mais elle n'était plus là... En cet instant je cru entendre un ange me prévenir de ce qui arrivait... En cet instant j'ouvris grand les yeux et j'hurlais silencieusement. Ma Lora, mon enfant, mon amour venait de tuer sa mère et le massacre ne venait que de commencer.

Je courrais vers la chambre du patriarche et usait mes poings jusqu'au sang contre la lourde porte. Finalement j'eu recours à quelques astuces et j'ouvris la porte après avoir jouer de la serrure. Dans la chambre une silhouette vêtu des vêtements soyeux du père tournait sur elle même et chantait doucement

"Danse ma lame, Danse ma belle,
Rit le fer dans les gorges des dames,
Pleure mon acier dans les ventres des hommes,
Jamais ne serais je seul avec ma soeur"

La silhouette se tourna alors vers moi et je reconnu Saül, armé d'une épée batârde, vêtu des vêtements ensanglantés de son géniteur. Je vu à son regard qu'il avait assassiné la raison et qu'il en avait profité pour faire de même avec le père. Celui-ci était étendu sur son lit, le ventre déchiré, sans doute mis là par son fils. Saül sourit et s'avanca vers moi.

Je n'arrivais à bouger et la peur me clouait encore plus. J'étais terrorisé et déjà je sentais sa lame m'égorger goulument. Il s'avança jusqu'a ce que mon souffle et le sien se mèle et qu'il murmure "Ma soeur n'est pas à toi"

J'arrête mon récit un instant pour vous assurer que je ne suis pas quelques fantômes venu pleurer leurs morts et que ma vie fut sauve...

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